Cette année, la fiction coréenne s’est une nouvelle fois illustrée à Canneseries avec trois productions présentées en présence de leurs équipes créatives.
J’ai déjà eu l’occasion de revenir sur les talks consacrés à All the Things You Are et Genfluencers dans un précédent article. Aujourd’hui, j’avais envie de m’attarder sur Sacred Jewel, une série qui s’est imposée comme l’un des projets coréens les plus ambitieux présentés lors du festival.
Présentée en première mondiale, Sacred Jewel a été dévoilée à Cannes en présence du réalisateur Jung Dae-yoon, du scénariste Jung Hyun-min ainsi que des acteurs Ahn Bo-hyun et Claudia Kim.
Sacred Jewel : un récit historique au cœur de Goryeo
En 1258, au cœur de trente années d’invasions mongoles incessantes, l’Empereur ordonne à des guerriers d’élite de récupérer le Joyau Sacré, une relique divine protégeant le royaume. Les guerriers percent les lignes mongoles et s’élancent vers la mer de l’Est à la recherche de la légendaire relique.
Le récit s’inscrit dans la tradition des fresques historiques coréennes tout en proposant une approche plus cinématographique, portée par une mise en scène ambitieuse et un univers visuel particulièrement soigné.
SCÉNARIO • Jung Hyun-min
RÉALISATION • Jung Dae-yoon
INTERPRÉTATION • Ahn Bo-hyun, Lee Sung-min, Claudia Kim, Ha Yoon-kyoung, Yoon Kyun-sang
MUSIQUE • Jeon Chang-yeop
PRODUCTION • Studio Dragon
VENTES • SLL
DIFFUSION • JTBC, Coupang Play (Corée du Sud), Prime Video (monde)

Une projection qui impose immédiatement son ambition
J’ai assisté à la projection de Sacred Jewel, et il m’a suffi de quelques minutes pour saisir l’ambition du projet. Présents dans la salle, Ahn Bo-hyun, Claudia Kim, le réalisateur Jung Dae-yoon et le scénariste Jung Hyun-min ont découvert les premières images aux côtés du public dans le cadre de cette première mondiale.
Dès les premières séquences, la série impose une identité visuelle forte. Les décors, les costumes et les scènes d’action donnent immédiatement le ton : Sacred Jewel ne cherche pas seulement à raconter une histoire, mais à proposer une véritable immersion.
Située à l’époque de Goryeo, période marquée par les invasions mongoles et les tensions politiques internes, la série affiche une ambition rarement vue dans les dramas historiques récents.
Le premier mot qui me vient à l’esprit est : audacieux.
Les scènes de combat impressionnent par leur réalisme, tandis que l’alchimie entre Baek Gyeol (Ahn Bo-hyun) et la princesse Gyeonghwa (Claudia Kim) attire rapidement l’attention. Dès cette projection, Sacred Jewel laisse entrevoir une œuvre qui entend repousser les codes du sageuk traditionnel pour proposer quelque chose de plus ample, presque cinématographique.
Le réalisateur Jung Dae-yoon a souhaité, à travers ce drama, montrer que même dans une période marquée par les difficultés et les obstacles, l’espoir reste central. Lors de notre entretien à Canneseries, il confie avoir été particulièrement marqué, à la lecture du scénario, par le nombre de scènes complexes et potentiellement risquées. Dans une volonté de réalisme, il a fait le choix de limiter les effets spéciaux.
« Par chance, il n’y a eu aucun accident », confie-t-il avec soulagement.
Il remercie également le public français et invite les spectateurs à découvrir Sacred Jewel. Jung Dae-yoon se dit impressionné par l’intérêt porté aux K-dramas et s’interroge sur les raisons d’un tel engouement en France. Il exprime sa gratitude pour l’accueil réservé à la série et pour l’opportunité de la présenter à Canneseries.
Pour les amateurs de K-dramas, son nom n’est pas inconnu. Jung Dae-yoon a notamment réalisé She Was Pretty, W ou encore The King: Eternal Monarch. Avec Sacred Jewel, il s’attaque à l’un de ses projets les plus ambitieux à ce jour.
Concernant le scénariste Jung Hyun-min, celui-ci explique, lors de notre échange, avoir longuement réfléchi à l’idée de proposer un récit historique se déroulant en dehors de la période Joseon, souvent plus représentée dans les K-dramas. La période de Goryeo, bien que connue en Corée, reste moins explorée à l’international, ce qui représentait pour lui un véritable défi narratif.
L’histoire s’inspire de faits réels, auxquels ont été ajoutés des éléments fictionnels afin de transmettre des messages d’espoir, de courage et de motivation. Il évoque également ses doutes quant à la manière de raconter cette période, tout en soulignant l’importance de sa collaboration avec Jung Dae-yoon, qu’il considère comme essentielle pour donner vie au projet.
Selon lui, c’est cette collaboration qui a permis de concrétiser pleinement sa vision :
« C’est le réalisateur qui permet d’exprimer tout cela, de faire évoluer l’histoire et de donner ce que l’on voit à l’écran. »
Enfin, Jung Hyun-min pense que le public européen est principalement attiré par les comédies romantiques. Il espère néanmoins que les spectateurs français s’ouvriront davantage aux drames historiques :
« Il n’y a pas que les rom-com, il existe une grande diversité de genres. »

Lors de notre entretien, Claudia Kim décrit son personnage comme « très brave et courageuse ». Elle confie qu’elle souhaitait depuis longtemps participer à un drama historique, et que l’annonce de Sacred Jewel, réalisé par Jung Dae-yoon, a immédiatement suscité son intérêt.
À la lecture du scénario, elle dit avoir été marquée par la richesse des personnages :
« Ils sont tous très vivants, chacun évolue à sa manière, aucun n’est trop “obvious”. »
Un aspect essentiel pour l’actrice, qui recherchait un rôle lui permettant d’explorer toute les facettes émotionnelles.
Elle évoque également des moments de tournage particulièrement marquants, notamment ceux qui lui ont permis d’expérimenter de nouvelles choses, tout en restant volontairement discrète sur certains éléments :
« Pour le moment, je ne peux pas trop en dire », glisse-t-elle avec un sourire.
Selon elle, la force de Sacred Jewel réside dans son ambition : une fresque historique mêlant romance, action, éléments fantastiques et relations complexes, portée par une grande diversité de personnages.
« Vous allez adorer », assure-t-elle.
Elle conclut en s’adressant directement au public français :
« C’est une série qui peut parler à tout le monde. J’ai vraiment hâte que vous la découvriez, et j’espère que vous aussi, vous avez hâte. »

De son côté, Ahn Bo-hyun décrit son personnage comme passionné, prêt à poursuivre ses rêves sans hésitation.
À la lecture du scénario, il dit avoir été immédiatement séduit par son aspect à la fois captivant et divertissant.
L’acteur souligne également son attachement au réalisateur Jung Dae-yoon, avec qui il souhaitait collaborer, ainsi que son intérêt pour le travail aux côtés de ses partenaires, notamment Lee Sung-min, absent lors de cette présentation à Canneseries.
Il évoque notamment l’ambiance sur le tournage, marquée par l’ampleur de l’équipe :
« C’est la première fois que je travaille avec autant de personnes. On avait un anniversaire presque tous les mois, cela crée des liens, et cette convivialité a beaucoup de sens pour moi. »
À l’instar de Claudia Kim, il considère que l’un des points forts de Sacred Jewel réside dans son originalité : une histoire différente des productions habituelles, où chaque personnage possède son propre charme, contribuant à une véritable sensation de renouveau.
Il adresse enfin un message aux spectateurs français :
« Vous allez découvrir, d’ici la fin de l’année, une série historique coréenne d’une ampleur encore jamais vue. C’est une œuvre particulièrement agréable à regarder en hiver. J’espère que vous avez hâte de la découvrir. »

Une série coréenne à surveiller de près
Même si je n’ai pu découvrir qu’une partie de l’univers de Sacred Jewel lors de cette première mondiale, les éléments présentés à Canneseries laissent entrevoir une série particulièrement ambitieuse.
Entre son contexte historique rarement exploré, sa mise en scène spectaculaire et la présence de talents reconnus de l’industrie coréenne, Sacred Jewel pourrait bien s’imposer comme l’un des dramas historiques les plus attendus de 2026.
À Canneseries, la présence de cette production confirme une dynamique désormais bien installée : la fiction coréenne ne se contente plus d’exporter ses formats, elle s’impose comme une véritable force créative sur la scène internationale.
Entre récits intimistes, expérimentations contemporaines et fresques historiques ambitieuses, les K-dramas démontrent une nouvelle fois leur capacité à se renouveler tout en séduisant un public toujours plus large.
Je tiens à remercier l’équipe de Canneseries ainsi que les équipes de Sacred Jewel pour la qualité des échanges et des rencontres tout au long de l’événement.

La fiction coréenne a été présentée en association avec KMCC – Agence Korean Media and Communication Comission
Interview : Emilie Bertoli / Photographe : Vanessa Marie Pisano
Crédit photo de couverture : SLL

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