Lors de cette édition de Canneseries, j’ai eu la chance d’assister à deux talks qui m’ont vraiment marquée : All the Things You Are et Genfluencer.
Deux séries coréennes très différentes dans leurs univers, mais qui se rejoignent sur un point essentiel : l’humain au centre de tout. La musique, l’identité, les choix de vie et ces moments où tout peut basculer.
Je précise que je n’ai malheureusement pas pu visionner les séries, étant mobilisée sur d’autres événements du festival. Cet article se base donc sur les échanges des talks et les éléments partagés par les équipes sur place.
All the Things You Are – Quand la musique devient un choix de vie

Présentée par Cho Chang-eun (réalisateur et scénariste), Kim Soon-mo (producteur) et Mo Beom (acteur), la série raconte l’histoire de Seo-jun, un pianiste talentueux mais issu d’un milieu modeste, qui ne vit que pour la compétition… jusqu’à sa rencontre avec Ji-soo, musicienne de jazz libre et insouciante.
À partir de là, tout bascule. Sa musique, sa vision du monde, et surtout sa manière de se définir lui-même.
Pendant le talk, Cho Chang-eun explique être très heureux de revenir à Canneseries. Il était déjà venu l’année dernière et ne pensait pas revenir aussi vite. Cette fois, il présente un projet plus intense, plus émotionnel, très différent de sa précédente série plus légère.
Il avoue aussi ressentir une certaine pression à l’idée de présenter une série autour de la musique classique en France, un pays reconnu dans ce domaine.
Kim Soon-mo précise que la série n’a pas encore été diffusée en Corée et qu’elle sortira cette année. Il exprime beaucoup d’émotion et l’envie de partager enfin ce projet avec le public.
De son côté, Mo Beom apporte une énergie plus légère au talk. Il parle d’une très bonne ambiance sur le tournage, presque familiale. Il raconte même en riant qu’un câlin de l’acteur principal a suffi pour qu’il devienne fan instantanément.
Il revient aussi sur la musique, qui a été un vrai challenge pour lui. Le rythme, les instruments, le chant… tout a été compliqué au départ. Il joue pourtant de la trompette, mais reconnaît avec humour que ce n’est pas encore totalement maîtrisé.
Cho Chang-eun partage enfin ses inspirations : La La Land, mais aussi son propre parcours musical. Il a joué dans un groupe de jazz à l’université, et c’est justement de là qu’est née l’idée du projet.

Genfluencer – Quand l’IA rencontre l’identité humaine

Présentée par Harry Hyun, Yoon-Kyoung Bae et Moon Jiin, la série explore un sujet très contemporain : la création d’une idole virtuelle à travers l’intelligence artificielle.
L’histoire suit Lee Jin, une compositrice rejetée par la société après un accident qui a bouleversé sa vie. Pour survivre et financer l’opération de sa grand-mère, elle crée Gina, une idol K-pop virtuelle générée par IA. Mais progressivement, cette création prend une place de plus en plus réelle dans son existence.
Dès le début du talk, les trois intervenantes expriment leur joie d’être à Cannes. Moon Jiin partage même un moment personnel : elle est enceinte, ce qui rend cette expérience encore plus particulière pour elle.
Yoon-Kyoung Bae revient ensuite sur son double rôle, incarnant à la fois Lee Jin et Gina. Deux identités liées mais opposées : l’une humaine, marquée par les blessures de la vie, l’autre artificielle, lisse et “parfaite”.
Elle explique que le plus difficile a été de trouver la frontière entre ces deux personnages, en travaillant étroitement avec la réalisatrice pour construire ces nuances.
Harry Hyun insiste sur un point essentiel : malgré le sujet de l’IA, Genfluencer est avant tout une histoire humaine. Une histoire de femmes qui se battent, qui avancent et qui évoluent, loin de l’image de femmes qui s’effondrent.
Elle cite Black Swan comme inspiration principale, tandis que The Substance et Dr Jekyll and Mr Hyde ont également été mentionnés lors des échanges, autour des thèmes de transformation, de désir et de perte de contrôle.
L’IA, ici, est utilisée comme un outil narratif pour explorer ce qui est profondément humain.
En fin de talk, les actrices partagent leur émotion d’être à Cannes, entre fierté, gratitude et excitation à l’idée de présenter la série au public.

Deux séries très différentes, mais deux récits qui se rejoignent sur une même idée : les choix qu’on fait, les identités qu’on construit, et ce que l’on devient à travers ce que l’on crée.
Et même sans avoir pu visionner les séries, ces talks offrent déjà un aperçu très fort de leurs univers et des intentions derrière chaque projet.
J’ai pour ma part été ravie d’avoir pu assister à ces panels. C’est toujours très intéressant d’entendre les ressentis des acteurs, mais aussi ceux des scénaristes, réalisateurs et producteurs, qui apportent chacun un regard différent sur une même œuvre.
C’est aussi exactement ce qui guide l’ADN de Kdrama 4 You : aller au-delà des écrans pour s’intéresser aux coulisses, aux intentions de création et aux échanges qui donnent vie aux projets.
La fiction coréenne a été présentée en association avec KMCC – Agence Korean Media and Communication Comission
Ecrit par Emilie Bertoli
Crédit photo de couverture : Camilla Canalini

Laisser un commentaire